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Au Nom de l'Harmonie, tome 4 : Souffle de Vie Partie 1 - Prologue

En me réveillant ce dimanche matin, une irrésistible envie de chocolat m’avait envahie. Je m’étais donc habillée rapidement d’un jean et d’un débardeur pour sauter dans ma vieille Porsche Carrera blanche et me rendre à la petite supérette à dix minutes de chez moi. Lorsque j’entrai dans le magasin, quelques clients passaient en caisse. L’un d’entre eux attira mon attention en rangeant ses courses et je m’autorisai à le reluquer discrètement en marchant d’un pas rapide vers le rayon confiseries.

Je m’absorbai dans la contemplation des différents choix qui s’offraient à moi, sans réussir à prendre une décision : chocolat au lait et aux noisettes ? Noir aux amandes ? À la framboise ?

Et pourquoi pas les trois ?

J’étais vraiment gourmande et j’en salivais d’avance lorsque je pris les trois tablettes de chocolat qui me faisaient de l’œil.

Et puis, une boîte d’After Eight pour la route ! me réjouis-je.

— Bonjour Vicky, tu vas bien ? m’interpella une voix grave aux intonations chaleureuses qui me fit sursauter.

Je me retournai et découvris l’homme que j’avais reluqué un peu plus tôt. J’aurais voulu lui répondre quelque chose, mais j’étais paralysée. Ma bouche était scellée tandis qu’un éclair me transperçait de la tête aux pieds. Il était tellement beau… Blond, une coupe en brosse et des yeux d’un bleu limpide qui me sondaient avec perplexité.

Est-ce que c’est ça le coup de foudre ?

Une minute… Comment connaît-il mon nom ?

Son expression joyeuse vacilla et son visage se décomposa.

— Tu ne me reconnais pas ? Franchement, tu me déçois…

Et il tourna les talons, me laissant comme une andouille en plein milieu du rayon. Il me fallut plusieurs secondes pour retrouver tous mes moyens. J’eus juste le temps de voir le beau gosse disparaître au coin de l’allée avant de me mettre à courir à sa poursuite, serrant mes tablettes de chocolat contre mon cœur qui battait à cent à l’heure.

— Attends ! criai-je en essayant de le rattraper.

J’agrippai son bras avec frénésie et il s’arrêta net pour se tourner de nouveau vers moi. Ses yeux d’un bleu presque transparent me fixèrent avec contrariété.

— Dis-moi ton nom…, murmurai-je encore fébrile.

J’avais le cœur dans la gorge et les jambes en coton. Cet homme me faisait un effet dévastateur… et je ne savais même pas qui il était.

Un homme comme lui, ça ne peut pas s’oublier.

Il serra les dents, mais finit par me répondre.

— C’est Morgan…

Son nom percuta mon cerveau et des flashs de Morgan Thomas inondèrent mes pensées. Le puzzle était en train de se remettre en place. Oui, je connaissais cet homme… mais il avait tellement changé de look que je ne l’avais pas reconnu.

Mes joues s’enflammèrent et mon malaise augmenta.

— Waouh ! Tu es… (j’allais dire : vraiment trop beau, mais je choisis de modérer mes paroles du mieux que je le pus) vraiment bien comme ça, bégayai-je. Enfin… Tu as beaucoup changé…

Et pour cause, Morgan Thomas était passé du look gothique avec de longs cheveux teints en noir et long manteau de cuir, à ça… Style surfeur, les cheveux courts avec sa couleur naturelle qui était d’un blond doré. Il portait une chemise d’été et un pantalon de toile beige.

Morgan continuait de me fixer, il ne semblait pas vraiment comprendre ma réaction. J’avais probablement l’air d’une débile mais, pour ma défense, on ne se fait pas foudroyer par le coup de foudre tous les jours et je n’avais pas été préparée.

— Mais… tu étais en train de ranger tes courses, tu es revenu pour moi ? demandai-je, abasourdie.

Il s’anima de nouveau.

— Oui, je dois y aller de toute façon…

Et il se détourna une nouvelle fois.

Merde ! Pourquoi j’ai dit ça ?

— Non, attends !

— À plus tard, Vicky, dit-il sans même me regarder.

J’aurais voulu lui courir après encore une fois, mais je me sentais tellement idiote que je n’en fis rien. Je le regardai juste partir, son sac de courses à la main. Cela faisait un moment que nous ne nous étions pas vus et si, lorsque nous étions plus jeunes, nous avions passé plusieurs soirées ensemble c’était uniquement parce que nos parents étaient amis. J’avoue qu’à cette époque, je n’avais jamais vu Morgan comme un potentiel partenaire. Mais aujourd’hui… je n’avais pas de mots pour décrire les sensations qu’il venait de provoquer en moi.

Son visage et, plus particulièrement, ses yeux continuaient de hanter mon esprit. Une chose était sûre : il fallait que je trouve un moyen de le revoir.



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