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Wacky Love - Chapitre 3

— Déjà de retour, Patron ? les accueillit Max avec une pointe d'humour.

Jessica se tourna vers Lisandro, incrédule.

— Waouh ! Tout le monde t'appelle patron, ici ? Je comprends mieux pourquoi tu t'entends si bien avec Christian…

Lisandro fit la moue en la fusillant du regard.

— Ne sois pas condescendante, Miss cinglée. Toi aussi, tu t’entends bien avec Christian. Ce n’est quand même pas de ma faute s’il a déconné à cause de ton ex et qu’il vous a mené la vie dure au début de ton histoire avec Martin.

Jessica pinça les lèvres et croisa le regard de Max qui suivait la conversation en silence. Il ne savait pas qui était cette magnifique blonde aux allures de Barbie, mais elle avait l'air un peu garce sur les bords et assez hautaine.

— Max, je te présente Jessica. Elle adore le chocolat et elle voudrait rencontrer Jimmy.

— Pour le critiquer ? demanda Max, sceptique.

— Mais pas du tout ! s'emporta Jessica. Pour qui est-ce qu'il me prend, celui-là ?!

Elle reporta son attention sur Lisandro qui lâcha un petit rire moqueur.

— Avoue que ton entrée en matière n'était pas très chaleureuse. Je comprends mieux pourquoi tu as cette réputation de garce sans cœur…

Jessica se renfrogna et croisa les bras sur sa poitrine en reportant son attention sur le grand barbu aux allures de biker, malgré ses efforts de présentation.

— Vous êtes quand même magnifique, ajouta ce dernier pour essayer de détendre l'atmosphère.

Lisandro, qui se trouvait derrière Jessica, balaya son cou de sa main avec insistance pour lui faire signe de se taire, car il la connaissait par cœur.

— Comment ça, « quand même » ?! explosa-t-elle, comme la furie qu'elle était.

Trop tard…

Max fut tellement surpris par la réaction de Jessica qu'il ne sut plus ni quoi dire ni faire, tandis que Lisandro se cachait pour masquer son sourire.

Heureusement, Jimmy arriva à cet instant pour venir au secours de Max.

— Nous aurais-tu caché une petite amie ? questionna Jimmy en adressant un grand sourire à Jessica.

Le genre de sourire qui montre clairement qu'on est intéressé. Le fait qu'elle soit plus vieille que lui ne semblait pas le déranger. Pendant un instant, Lisandro regretta d'avoir gardé secrète sa relation avec Jessica. Car s'il avait dit à ses deux employés qu'il l'appréciait, Jimmy ne l'aurait jamais regardée comme il le faisait en ce moment.

— Si seulement…, répliqua Lisandro. Mais elle n'a jamais voulu de moi…

Jessica donna une petite tape sur le bras de Lisandro.

— Arrête… tu préfères ma cousine de toute façon. Donc, c'est vous le chocolatier, enchaîna-t-elle ensuite en s'approchant de Jimmy. J'adore absolument tout ce que vous faites.

On pouvait presque voir des étoiles briller dans ses yeux. Voir Jessica si admirative devant Jimmy contraria légèrement Lisandro. Il ne pensait pas ressentir ça en le lui présentant, mais il était quand même un peu jaloux…

Toutefois, il se garda bien de continuer cette conversation devant ses employés. La situation était déjà bien assez humiliante comme ça.

— Merci, répliqua Jimmy sans se départir de son sourire charmé. Est-ce que vous voulez visiter mon atelier ?

— Oh, oui ! s'écria-t-elle surexcitée.

Jimmy retourna vers la porte du fond tandis que Jessica lui emboîtait le pas. Lisandro leva les yeux au ciel, puis les suivit aussi.

— Si tu comptais sortir avec cette nana, je crois que c'est loupé, glissa Max d'un ton moqueur lorsque Lisandro passa à sa hauteur.

— Elle a déjà quelqu'un, grinça-t-il en passant la porte qui menait au labo.

Max étouffa un petit rire.

Jimmy commença la présentation de son travail avec une telle passion que Jessica buvait ses paroles. Elle était tout simplement fascinée par ce jeune homme qui semblait avoir une imagination et un talent sans limites. Elle adorait les gens compétents. C'était aussi pour ça qu'elle aimait Martin.

Martin…

Elle ne l'avait pas prévenu de son départ. À coup sûr, il allait lui en vouloir. Dans un sursaut, Jessica coupa Jimmy dans son exposé.

— Tu comptes me ramener à quelle heure ? s'affola-t-elle soudain en reportant son attention sur Lisandro.

Puis elle chercha son portable, mais elle se rappela qu’il était resté sur son bureau. Elle n’avait même pas pris son sac à main, alors qu’elle ne sortait jamais sans. Elle allait passer un sale quart d'heure.

— Je sais pas trop, tu semblais complètement subjuguée par mon chocolatier…, grinça Lisandro tandis que Jimmy affichait un sourire flatté.

— Ne dis pas n'importe quoi ! s'emporta Jessica.

Avec empressement, elle agrippa le bras de Lisandro pour le traîner vers la sortie.

— Martin va me tuer…, souffla-t-elle ensuite.

— Martin, c'est son mec ! cria Lisandro à l'attention de Jimmy qui perdit aussitôt son sourire pour laisser place à une expression boudeuse.

— Chut ! s'insurgea Jessica qui aimait toujours flirter malgré sa relation sérieuse avec Martin.

Lisandro se sentait un peu bête d'avoir dit ça. D'autant que Jimmy était largement plus jeune que Jessica et que selon toute vraisemblance, il ne l'intéressait pas…

Ils passèrent devant Max en trombe, qui tenta de les interpeller sans succès, et sortirent du magasin.

— Viiiite ! s'impatienta Jessica en trépignant devant la portière côté conducteur.

— Ça va…, grogna Lisandro en attrapant enfin ses clés.

Une fois l'ouverture centralisée actionnée, ils entrèrent tous deux dans l'habitacle en même temps. Lisandro démarra. Et, bien que cela lui fiche la trouille, Jessica incita son ami à rouler encore plus vite qu'à l'aller, tant elle était angoissée par la réaction de Martin. Elle n'était encore jamais partie sans le prévenir… Mais les chocolats, l'Audi TT et la proposition de Lisandro l'avait totalement fait oublier ses responsabilités.

Une fois la voiture garée sur le parking de son entreprise, Jessica sembla au bord de la syncope.

— Tu n'as pas l'air bien…, s'inquiéta Lisandro en la dévisageant.

Jessica avait les joues rouges, les mains moites, la respiration un peu trop rapide, et le cœur qui battait si vite qu'elle avait du mal à se ressaisir. Comme quelqu'un qui fait une crise d'angoisse, réalisait-elle ensuite. Puis elle jeta un œil à son ami.

— Tu crois qu'il va me quitter parce que je suis partie sans le prévenir ? s'inquiéta-t-elle.

Pour toute réponse, Lisandro éclata de rire.

— Franchement, ça m'étonnerait, Miss cinglée. Ce mec est dingue de toi.

— Mmm, marmonna-t-elle.

Elle n'y croyait qu'à moitié… Elle avait d'autant plus peur, car c'était la première fois qu'un membre du sexe opposé avait le pouvoir de lui briser le cœur.

Elle n'eut pas le temps de réfléchir davantage, car Martin sortit du coin fumeurs pour se diriger droit vers eux et il avait l'air vraiment furax.

Jessica attrapa frénétiquement la poignée de la porte pour sortir du véhicule et se prépara à essuyer sa colère. Contre toute attente, il fonça droit vers la portière côté conducteur, l'ouvrit d'un geste brusque et extirpa violemment Lisandro de l'habitacle. Il le colla contre la voiture en l'agrippant par le col. Martin n'était pas du genre violent mais, cette fois, il ne réussit pas à réfréner ses pulsions. Son poing prit de l'élan et Jessica cria en se précipitant vers eux. Le temps qu'elle fasse le tour du véhicule, Martin avait déjà écrasé son poing sur la mâchoire de Lisandro qui accusait le coup. Tout s'était passé trop vite. Ce dernier n'avait pas eu le temps de réagir et il était un peu sonné à présent.

— T'es dingue ?! s'écria Jessica, ahurie

Martin riva ses yeux sombres sur elle.

— Vous étiez où ? Et qu'est-ce que vous faisiez ensemble alors que tu es censée travailler avec moi ?

— Calme-toi, on a juste fait un tour dans sa chocolaterie…

Martin plissa les yeux, sans réussir à se calmer. Toutefois, il relâcha lentement Lisandro qui affichait désormais un visage fermé et qui tentait de cacher sa douleur. Il avait préféré ne pas riposter par égard pour Jessica, mais cet enfoiré ne l'avait pas loupé.

— C'est quoi ces conneries ?! s'emporta encore Martin.

Il croisa les bras sur sa poitrine en fixant Jessica.

— Eh bien… au départ, on devait juste faire un tour avec sa nouvelle voiture et puis, une chose en entraînant une autre, on a été dans sa boutique et j'ai rencontré son chocolatier. Ensuite, il m'a présenté son atelier et j'ai complètement oublié l'heure…

Martin jeta un œil mauvais vers Lisandro.

— Depuis quand cet abruti possède une chocolaterie ?! Et pourquoi tu ne m'as pas prévenu ? Tu n'as même pas pris ton téléphone…, continua-t-il, dépité.

— Je sais, je suis désolée… Mais tu n'étais pas obligé de frapper Lisandro. Je ne comprends pas pourquoi tu continues à douter de ma fidélité, lâcha Jessica, attristée.

Martin accusa le coup. Il était toujours énervé, mais il s'en voulait aussi d'avoir réagi si vivement, lui qui détestait la violence et encore plus les "combats de coqs". Avec prudence, il s'approcha de Jessica, mais elle l'ignora. Elle ne comprenait pas comment la situation avait pu dégénérer à ce point.

— Tu vas bien ? demanda-t-elle à Lisandro.

Ce dernier toisa Martin quelques secondes avant de reporter son attention sur son amie.

— J'ai connu mieux… Tu vas devoir te faire pardonner, Miss cinglée…

Puis il remonta dans sa voiture et démarra. Il fit un léger signe à Jessica pour la saluer avant de prendre la fuite. Il était vraiment sur les nerfs. En même temps, n'importe qui serait énervé de se faire frapper sans raison.

— Te faire pardonner ?! répéta Martin avec une colère mêlée de dégoût. Et de quelle façon exactement ?

Jessica soupira, malgré l'angoisse qui lui vrillait les entrailles. Puis elle prit conscience que tous les employés qui étaient au coin fumeurs les espionnaient. Certains, qui ne fumaient pas, étaient même sortis exprès pour mieux voir ce qu'il se passait. Ils avaient tout vu et probablement tout entendu. Elle sentit la honte la submerger et attrapa la main de Martin pour l'entraîner avec elle dans leur bureau.

— Qu'est-ce que tu fais ? gronda-t-il en tentant de se dégager, mais elle tint bon.

— Tout le monde nous regarde et cette conversation est privée. Alors, s'il te plaît, suis-moi jusqu'à mon bureau.

Martin se retint de la reprendre sur le fait que c'était leur bureau à tous les deux et non le sien, puis obtempéra malgré sa colère toujours présente. Il ne dit rien, gardant tout de même ses doigts entrelacés à ceux de Jessica. Pourtant, ce contact lui faisait presque mal. Il avait tellement peur qu'elle le trompe avec Lisandro, ou n'importe quel autre abruti dans son genre… Pendant deux heures interminables, ils les avaient imaginés passer à l'acte. C'était pour ça qu'il l'avait frappé, il n'avait pas pu s'en empêcher. Il avait carrément pété les plombs !

D'un pas raide, ils dépassèrent les commères qui faisaient mine de ne pas les voir. Ils traversèrent le grand couloir principal, dépassèrent la salle de pause sans s'adresser un mot, et entrèrent enfin dans leur bureau.

Une fois la porte fermée, Jessica lança les hostilités.

— Est-ce que tu peux m'expliquer, maintenant ? Pourquoi tu l'as frappé ? En six mois, est-ce que je t'ai déjà fait douter de ma relation amicale avec Lisandro ou de ma fidélité ?

— Il te drague depuis le premier jour ! s'emporta Martin. Comment tu réagirais si Stessie était ma meilleure amie et que je disparaissais deux heures avec elle alors que je suis censé travailler avec toi ?

Jessica marqua un temps d'arrêt avant de riposter.

— Ça n'a rien à voir ! Stessie est ton ex et je ne suis jamais sortie avec Lisandro !

Soudain, la porte du bureau s'ouvrit à la volée, ce qui les fit sursauter tous les deux. C’était Christian qui ne semblait pas de meilleure humeur qu'eux.

— Mais enfin, que se passe-t-il ? Tout le monde ne parle que de votre altercation sur le parking !

— Pas maintenant, Christian ! le rabroua Jessica.

Christian se retint de la sermonner sur le ton qu'elle employait avec lui, car il savait que ça ne servait à rien. À la place, il se tourna vers Martin avec qui il avait bien plus de chances d'obtenir une réponse.

— Mais encore ? insista-t-il en fixant Martin avec humeur.

Ce dernier serra les dents, jeta un œil vers Jessica, qui le suppliait du regard, puis revint à Christian.

— Jessica a disparu pendant deux heures avec Lisandro alors que j'avais besoin d'elle sur un projet.

— Traître ! hurla-t-elle, dépitée.

Christian reporta son attention sur elle.

— Et pour quelle raison ? lui demanda-t-il sèchement.

— Pour essayer la nouvelle voiture de Lisandro et visiter sa chocolaterie…, répondit Martin à sa place sur un ton contrarié.

Christian finit par soupirer d'impuissance. S'il blâmait Jessica pour abandon de poste, elle risquerait de mal le prendre et menacerait de démissionner. Elle était l'un de ses meilleurs éléments et elle le savait. Par conséquent, il ne pouvait rien faire contre elle, ou si peu…

— Que ça ne se reproduise plus ! trancha-t-il pour garder la face. Et à l'avenir, évitez les scènes de ménage au bureau !

Puis il repartit en claquant la porte derrière lui.

— Espèce de traître, enchaîna Jessica. Tu m'as balancée sans scrupule ! Je ne t'aurais jamais fait ça…

Martin passa une main sur son visage las, sans ajouter un mot. Il ne savait plus comment réagir et, surtout, il faisait son maximum pour cacher sa peine. Il préféra s'asseoir à son poste et faire mine de travailler.

Jessica éprouvait à peu près la même chose que lui. Sa tristesse était tellement poignante qu'elle hésitait à rentrer chez elle pour se morfondre devant une comédie romantique en s'empiffrant de glace. Pourtant, elle se fit violence pour ravaler sa fierté et faire le premier pas. Elle tenait beaucoup trop à Martin pour risquer de le perdre.

— Écoute, je… je suis désolée, balbutia-t-elle. J'ai été tellement surprise lorsque Lisandro m'a dit que les chocolats qu'il me rapportait étaient créés dans sa boutique par son propre chocolatier, que j'ai tout oublié. J'aurais dû te prévenir avant de partir avec lui mais, au départ, on devait juste faire un tour de quelques minutes avec sa nouvelle voiture…

— Pourquoi tu es si proche de lui ? Je n'ai jamais compris et ça me rend fou. Il t'a toujours draguée ouvertement devant moi, avant même que tu t'intéresses à moi, alors qu'il savait que je t'aimais…

Il y eut quelques secondes de silence.

— Tu m'aimais avant qu'on sorte ensemble ? s'étonna Jessica qui ressentit une agréable chaleur se répandre dans son cœur.

— Bien sûr que oui, confirma Martin. Alors, réponds-moi, pourquoi êtes-vous si proches ?

Jessica haussa les épaules.

— J'en sais rien, parce qu'on se comprend…

Elle reçut justement un SMS de Lisandro au même moment.

— Quand on parle du loup…, dit-elle.

Martin s'approcha pour lire par-dessus son épaule et elle le laissa faire, ce qui le rassura un peu.


Lisandro : Alors, Miss Cinglée, il t'a quittée ?


— Pourquoi il te pose cette question ? s'inquiéta Martin en la dévisageant. Je suis sûr qu'il n'attend que ça pour te sauter dessus.

— N'importe quoi ! J'avais peur que tu me quittes…, dit-elle d'une petite voix.

Un autre texto arriva.


Lisandro : Sinon, pour te faire pardonner, tu pourrais m'organiser un rancard avec ta cousine. C'était le deal si tu sortais avec Martin grâce à moi.


— Grâce à lui ? s'étouffa Martin. Il plaisante, ce connard !

— Pas tout à fait…

Martin dévisagea Jessica en attendant la suite. Elle soupira de fatalité, car elle n'avait jamais pensé lui révéler ce détail un jour…

— Tu te rappelles lorsqu'on est partis à la Qlimax ? Quand tu as frappé Lisandro en croyant me défendre ?

Martin hocha la tête d'un air sombre.

— Eh bien, en fait, il faisait exprès de m'embêter, parce qu'il savait que tu allais intervenir. Et je lui ai promis de lui arranger le coup avec ma cousine si ça marchait…

Martin en resta sans voix. Il se rappela la peur qu’il avait ressentie en entendant Jessica crier après Lisandro dans la chambre d’à côté. À ce moment-là, il croyait vraiment que cet enfoiré l’importunait.

— Je crois qu'au début, il me draguait vraiment, ajouta Jessica. Mais ensuite, c'était surtout pour te faire réagir.

— Je n'y crois pas… Lisandro n'est pas du genre à aider les autres, c'est un connard qui n'hésite pas à profiter de la situation ! Je suis sûr que si tu avais accepté ses avances, vous seriez ensemble à l'heure qu'il est.

Jessica leva les yeux au ciel.

— On n'en saura jamais rien, parce qu'il ne me plaît pas du tout… On est juste amis, accepte-le et sois moins sur la défensive avec lui.

— Ça a l'air tellement simple pour toi, grinça Martin.

Jessica s'approcha de lui et glissa ses bras autour de sa taille, sans le quitter des yeux. Le regard noisette de Martin s'adoucit et elle sut qu'il accepterait sa prochaine demande.

— On pourrait manger au Bureau avec Charline et Lisandro, ce soir. En plus, il y a une piste de danse, je suis sûre que ça leur plairait.

— C'est là-bas que j'ai rencontré Lisandro, bougonna Martin en se rappelant toutes ses soirées avec lui.

— Alors, tu es d'accord ? se réjouit Jessica. Il faut que j'appelle ma cousine. J'espère qu'elle sera disponible.

Devant l'enthousiasme de Jessica, Martin se tut, car il ne voulait ni jouer les rabat-joie ni faire de la peine à sa petite amie. Après tout, elle avait dit que Lisandro ne lui plaisait pas du tout et, pour l'instant, ça lui suffisait.

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