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Wacky Love - Chapitre 1

Lorsque Charline arriva à son studio d’effets spéciaux, elle se précipita vers sa dernière création : un costume d'humanoïde inspiré d’Alien. Autant dire que pour cette commande d’un gros studio américain, elle réalisait son rêve. Il fallait qu’il soit parfait !

Son téléphone vibra dans sa poche puis la sonnerie de Star Wars monta crescendo pour faire un véritable boucan. Tout le monde la regarda en lui adressant un signe de main pour la saluer.

— Jessica ! s’exclama Charline en décrochant.

Cela faisait six mois que Jessica et Martin sortaient ensemble. Un véritable exploit pour la cousine de Charline, surnommée à raison de garce sans cœur par la plupart de ses collègues. Sa réputation se tassait doucement depuis que tout le monde avait compris qu’elle s’était enfin rangée. Même son ex, Kevin, avait accepté l’idée de la laisser partir.

Au début de leur relation, Charline avait fait une mauvaise blague à Martin et l'avait filmé pour le ridiculiser. Elle avait même taquiné Jessica en lui assurant qu'elle effacerait la vidéo le jour où ils fêteraient leurs six mois.

— Ça fait six mois aujourd’hui que je sors avec Martin, répliqua Jessica. Il a compté les jours et il m’a forcée à t’appeler. Tu es sur haut-parleur, Charline.

— Salut, Martin, soupira Charline.

Elle aussi avait compté les jours.

— Salut, lança-t-il nerveusement.

— Détendez-vous, j’ai déjà effacé la vidéo, lâcha Charline avec une pointe d’humour dans la voix.

— Tu aurais pu me le dire, bougonna Jessica.

— Pourquoi ? Tu aurais rompu avec lui ? questionna Charline, consciente qu’elle mettait peut-être le bazar dans leur couple.

— Elle dit n’importe quoi ! répliqua Jessica en s’adressant à Martin.

— Charline, reprit Martin. J’espère que tu dis la vérité, parce que si jamais tu t’avises de publier cette vidéo, je te jure que je ne laisserai pas passer.

Charline ne put s’empêcher de rire.

— Écoute, si j’avais vraiment l’intention de m’en servir, je l’aurais déjà fait, tu ne crois pas ?

— Alors tu m’as baratinée ?! s’insurgea Jessica.

— Vous êtes heureux, maintenant, non ? demanda Charline avec malice. Tu n’as qu’à dire merci.

— Mais… oui. OK. Merci, je suppose, se radoucit Jessica.

Charline pensait que sa cousine aurait été un peu plus énervée, mais sans doute que la présence de Martin l’avait empêchée de lui crier dessus.

— Bon, allez les amoureux, je vous laisse. J’ai du boulot.

Et elle raccrocha avant de demander des nouvelles de Lisandro. Le beau gosse qu’elle avait rencontré lors d’une soirée avec Jessica. Ces deux-là étaient assez proches et sa cousine l'avait mise en garde. Ce mec ne semblait pas prêt à avoir une relation sérieuse, ce qui convenait parfaitement à Charline. Sauf que le truc avec ce genre de gars, c'est qu'il fallait se montrer inaccessible et si Jessica rapportait à Lisandro qu'elle s'intéressait à lui, ce serait foutu !

Elle prit donc son mal en patience et se concentra sur son travail. En même temps, ce nouveau projet était tellement passionnant que ce ne fut pas très difficile.

À la fin de la journée, elle avait presque bouclé la première étape. La structure était désormais terminée et son équipe pourrait bientôt s'attaquer au corps. D'ailleurs, ils étaient si enthousiastes que Charline leur proposa d'aller boire un verre pour continuer à discuter de tout ça de façon décontractée. Non pas que l'ambiance soit plus sérieuse au boulot, mais c'était agréable de faire des réunions dans un pub. Le management à la Charline quoi. Et tout le monde en était ravi.

Vers 22h, la plupart des membres de son équipe s'en allèrent. Seule Chloé, pourtant la plus sérieuse de ses employés, resta avec elle. Elle ne semblait d'ailleurs pas vouloir partir, ce qui était inhabituel. C'était une fille discrète qui bossait avec efficacité. Une grande brune aux lunettes dorées avec de grands yeux marron. Rarement maquillée, elle dégageait quelque chose de naturel. De plus, elle avait souvent de bonnes idées à soumettre à Charline quand elle lui demandait son avis. Oui, cette fille était vraiment un bon élément. C'était d'ailleurs pour ça qu'elle l’avait choisie pour être son assistante.

Chloé fit tourner sa paille dans son verre en regardant Charline bizarrement. Elle lui adressa même un sourire embarrassé.

— Je crois que j'ai un peu trop bu, rigola-t-elle.

— Avec un verre de bière ? s'étonna Charline qui était toujours sobre après son mojito.

La faute à sa cousine avec qui elle avait pris de bonnes cuites par le passé. Mais bon… ce soir, ils avaient bien mangé avant de boire de l'alcool.

— Oui, je ne tiens pas l'alcool, continua timidement Chloé. Ça me fait souvent dire n'importe quoi. D'ailleurs… est-ce que tu veux que je te raccompagne ?

Charline cilla. Elle dévisagea son assistante avec incrédulité. Elle qui était toujours d'un professionnalisme à toute épreuve, ça ne lui ressemblait pas d'agir de cette façon.

— Est-ce que tu es en train de me draguer ? répliqua Charline, se sentant plutôt flattée.

— Non ! s'affola Chloé. Enfin… je sais que c'est un peu déplacé, mais…

Charline posa sa main sur celle tremblante de Chloé pour la rassurer.

— T'es une belle fille, Chloé, mais je ne pense pas que ça colle entre nous. Ne t'en fais pas, je n'en parlerai pas aux autres et il n'y aura pas de malaise entre nous.

Chloé fit la moue et baissa les yeux sur son verre vide, tandis que Charline relâchait sa main.

— Très bien… je vais rentrer aussi, alors…

Elle se dépêcha de récupérer ses affaires pour s'enfuir le plus vite possible, adressant juste un petit signe de tête à Charline avant de partir.

Ce genre de situation était monnaie courante pour Charline. Elle était loin d'avoir une taille mannequin comme sa cousine, mais sa poitrine imposante, ses fesses rebondies et ses yeux d'un bleu perçant avaient toujours attiré un paquet de monde. Peut-être aussi sa personnalité déjantée. Sans oublier le fait qu'elle soit brillante, ce qui ajoutait forcément à son charme.

Comme il se faisait tard et qu’elle était seule, elle finit par rentrer chez elle. Souvent, elle restait un peu et dansait sur la piste de danse avec quelques habitués. Mais, ce soir, elle était fatiguée. En fait, ce qui venait de se passer avec Chloé l’avait un peu chamboulée. Ce n’était pas la première fois qu’une personne de son travail la draguait, mais une fille comme Chloé, discrète, sérieuse et réservée, c’était une première. En général, elle attirait des personnes un peu comme elle, plutôt insouciantes et volages. Des personnes qui ne recherchaient pas une relation sérieuse, comme semblait le vouloir Chloé.

Ce soir-là, lorsque Charline s’allongea dans son lit, ses pensées furent saturées d’images de Chloé. Elle aimait autant les femmes que les hommes. Certaines personnes ne comprenaient pas et pensaient que c’était une lesbienne qui ne s’assumait pas lorsqu’elle sortait avec un homme. Pourtant, Charline n’aimait pas simplement l’apparence physique de quelqu’un, elle l’aimait pour son âme. C’était un tout qui l’attirait et lui faisait ressentir des émotions plus ou moins fortes. Parfois, on lui demandait si elle préférait sortir avec un homme ou une femme et elle était toujours incapable de répondre. Certes, quelques parties de leur corps étaient différentes mais, pour Charline, c’était un détail et cela ne l’empêchait pas de passer d’inoubliables moments coquins, quel que soit le sexe de ses partenaires.


Le lendemain matin, lorsque Charline retourna à l'entrepôt d'effets spéciaux, elle était un peu stressée. Finalement, les avances de Chloé allaient peut-être créer un léger malaise… Mais ce n'était pas ce qu'elle voulait.

Comme d'habitude, elle entra d'un pas énergique en distribuant des saluts enthousiastes à tous ceux qui croisaient son chemin. Lorsqu'elle entra dans la salle dédiée à l'humanoïde, François, un geek plutôt cool avec une allure de gros nounours, lui tendit un mug de café. Il la connaissait bien.

— Salut Boss, l'accueillit-il avec un sourire chaleureux.

— Merci, François, répliqua Charline avec bonne humeur.

Elle but une gorgée du liquide brûlant avant de se tourner vers Marie qui s'activait déjà à préparer les matériaux nécessaires à la confection du corps du costume. Cette dernière s'arrêta quelques secondes pour saluer sa patronne, puis retourna à sa tâche. Comme à son habitude, elle portait un pantalon noir avec quelques ficelles çà et là, une chemise à carreaux rouge et de fausses dents de vampire. Un délire qui lui prenait de temps en temps. Sa longue tresse d'un roux flamboyant reposait sur une de ses épaules, et en plus de son look particulier, Maria était couverte de tatouages. Sa silhouette était imposante et son énorme paire de seins faisait loucher pratiquement tous les hommes.

Il était vrai que de ses trois employés, Chloé était la plus conventionnelle. En même temps, lorsqu'on travaillait dans les effets spéciaux, on avait souvent affaire à des artistes parfois extravagants. D'ailleurs, il arrivait à Charline de se demander ce que Chloé faisait ici. Et à chaque fois, elle proposait une solution brillante à un de leurs problèmes, puis Charline oubliait qu'elle avait douté de son employée.

— Salut Charline, la salua timidement Chloé.

Charline hésita juste assez pour que les deux autres les observent bizarrement.

— Salut Chloé. J'espère que tu es bien rentrée hier soir, continua Charline avec chaleur pour dissiper toutes craintes à son égard.

— Oui, merci.

Chloé se détourna ensuite pour dissimuler sa gêne. Elle rejoignit Maria pour l'aider. Voyant que l'ambiance était inhabituelle, François s'approcha de Charline d'un air de conspirateur.

— Il s'est passé quelque chose hier soir, après notre départ ?

— Pas du tout ! nia Charline, un peu trop vivement.

Et François n'en crut pas un mot. Pourtant, Chloé avait toujours été irréprochable et Charline n'avait jamais montré de malaise avec qui que ce soit, ce qui était encore plus étrange.

Après ce léger incident du matin, la journée se passa normalement. Charline donna quelques instructions à Maria pour habiller le costume d'humanoïde avec des matières souples et solides qui rappelaient la texture d'un corps. En général, c'était pas mal de moulages et de temps de séchage. La partie de Charline interviendrait après, lorsqu'il faudrait peindre leur œuvre. En revanche, celle de François était presque terminée. Il s'occupait des parties motorisées et de la structure.

Charline les laissa œuvrer pour rendre visite à ses autres équipes. L'une d'elles s'activait sur une énorme tête de diplodocus. Chaque groupe travaillait en autonomie et était composé de plusieurs personnes avec des compétences différentes. Du coup, tous les matins, elle faisait le tour pour voir si tout se passait bien.

— Salut, boss ! l'interpela Jimmy, un grand blond plutôt maigre qui buvait deux litres de café par jour.

Il était toujours le premier de son équipe à arriver. Les autres le rejoindraient dans une bonne vingtaine de minutes. Charline était plutôt cool pour les horaires tant que tout le monde faisait son travail, mais effectuer 7h par jour, c'était quand même un minimum.

Pendant que Jimmy savourait sa première tasse de café de la journée, Charline lui adressa un sourire poli et s'approcha.

— Comment ça va ? Vous serez prêts à temps ?

Jimmy lui fit une sorte d'exposé sur tout ce qu'il restait à faire, avec les problèmes rencontrés et les nouveaux temps de réalisation.

— Ça va être juste, répliqua Charline en grimaçant. Je vais appeler le réalisateur pour lui demander un délai.

Jimmy acquiesça et Charline rendit visite aux deux autres équipes d'effets spéciaux, où tout se passait bien, avant de rejoindre les bureaux des ingénieurs 3D situés sur une mezzanine à l'étage.

Charline ne gérait pas moins d'une cinquantaine d'employés et ils la respectaient tous. Chose assez rare à l'égard d'une directrice, ou d'un directeur d'ailleurs.

— Salut, les gars ! cria-t-elle à la cantonade en atteignant la dernière marche des escaliers.

— Charline ! répondirent en chœur les dix hommes autour d'elle.

Elle avait bien tenté d'embaucher autant d'hommes que de femmes, mais hélas, elle n'avait trouvé aucun profil féminin intéressant…

Plusieurs de ses employés s'agglutinèrent autour d'elle pour lui proposer tout un tas de cochonneries à grignoter.

— Un croissant ?

— Des M&M's ?

— Des macarons ?

Charline ne savait plus où donner de la tête et piocha un peu partout avec des yeux brillants de gourmandise, avant de reprendre son sérieux.

— Bon, alors dites-moi, comment ça se présente de votre côté ?

— Eh bien… le client ne sait pas ce qu'il veut. On lui a déjà envoyé une dizaine de simulations et il n'y a rien qui lui plaît. En plus, il est un peu contradictoire dans ses demandes, expliqua Tom, le responsable du service.

Charline s'assit sur le coin d'un bureau et mordit dans un macaron à la framboise tout en réfléchissant.

— La vache ! Ils sont délicieux, lâcha-t-elle la bouche pleine. Ils viennent d'où ?

— C'est ma femme qui les a faits, répondit fièrement Tony, un quadragénaire dynamique.

Charline lui adressa un clin d'œil puis reporta son attention sur Tom.

— OK, je vais l'appeler. De toute façon, on a du retard sur le diplo.

Elle se remit sur ses deux pieds pour rejoindre son bureau, situé au rez-de-chaussée, juste à côté de son atelier. Il y avait des caméras qui donnaient dessus pour vérifier l'avancement de son équipe et éviter de les faire attendre, lorsqu’ils avaient besoin d'elle. Ça lui permettait de mieux gérer son temps, entre la paperasse et les tâches manuelles.

D'ailleurs, Chloé, son assistante personnelle, était naturellement douée pour aider Charline à gérer son studio. Du coup, elle envisageait de lui proposer une promotion depuis plusieurs mois. Mais les derniers événements lui avaient fait un peu redouter son choix. Si Charline nommait Chloé comme son bras droit, elle n'avait pas intérêt à lui faire de la peine, et ça semblait un peu mal parti…

Durant le reste de la journée, Charline contacta le réalisateur qui lui avait confié son projet et répondit aux dix autres qui la démarchaient. Contente d'avoir autant de succès après dix années à ramer comme une malade, avec moins de cinq employés, et à appeler tous les réalisateurs du pays en se faisant rire au nez dans le meilleur des cas, elle lâcha un soupir de joie et de contentement. Comme quoi, tout finissait par arriver un jour.


Une semaine plus tard, l'équipe de Charline avait enfin terminé le costume d'humanoïde. Il ne restait plus qu'à le peindre, la tâche préférée de Charline ! Elle adorait rendre la peau aussi réaliste que possible. Alors qu'elle préparait son matériel, une voix masculine l'interpela.

— Salut Charline ! s'agaça Martin qui se trouvait dans l'encadrement de la porte, les bras croisés sur sa poitrine.

— C'est pas le mec de la vidéo ? ricana François. Il avait l'air tellement flippé ce jour-là, et le stagiaire nous a rabâché cette histoire tous les jours jusqu'à la fin de son stage…

Charline adressa à François un regard sévère qui le fit taire. Sa phrase mourut sur ses lèvres.

— Donc, tu as encore la vidéo ? enchaîna Martin avec une pointe de colère.

— C'était il y a des mois… je l'ai effacée, je t'assure.

Pourtant, Martin toisait Charline avec tellement de colère que François prit la fuite, suivi de près par Maria et Chloé qui avaient observé la scène sans un mot.

— Je veux une preuve ! Et ce qui m'énerve encore plus, c'est d'apprendre que tu l'as montrée à tout le monde ici !

— Pas tout le monde, répliqua Charline d'une petite voix. Juste quelques employés…

Martin plissa les yeux et attendit la suite. Charline qui avait perdu de sa superbe - à noter que cela ne lui arrivait presque jamais - se mit à ranger quelques affaires pour se donner une contenance. Martin s'approcha d'elle pour tenter de l'intimider un peu plus. Il fallait dire qu'il était beaucoup plus grand que Charline. De toute façon, son mètre cinquante-cinq lui donnait l'impression que tout le monde était trop grand…

Comme Charline s'efforçait d'ignorer Martin, car elle ne savait pas quoi lui dire, il fit quelque chose d'impulsif et d'un peu stupide. Il souleva le costume d'humanoïde dans ses bras. Charline poussa un cri d'effroi.

— Repose-le tout de suite ! hurla-t-elle paniquée. Ça coûte une blinde et on a mis des semaines à le fabriquer…

— Si tu ne me montres pas une preuve que tu as effacé la vidéo, je pars avec ! menaça-t-il.

— Putain, mais qu'est-ce qu'il fait cet abruti ! rugit François qui était resté près de la salle pour surveiller la discussion de loin.

— OK, répondit Charline en levant les mains devant elle pour apaiser Martin. Repose-le, maintenant, s'il te plaît…

Elle fit un signe à François pour qu'il se tienne tranquille et n'intervienne pas. Puis, deux autres cris aigus retentirent et semblèrent attirer l'attention de toute la société. C'était Chloé et Maria qui venaient de voir ce que Martin avait fait.

Voyant que d'autres personnes commençaient à s'agglutiner autour de la porte, Martin se résigna à reposer son fardeau. Il tendit un doigt vers Charline.

— Tu as intérêt à être convaincante, sinon je pars avec ce truc ! la prévint-il.

Elle leva les yeux au ciel, exactement comme le faisait sa cousine Jessica.

— Très bien, suis-moi. Je vais voir ce que je peux faire…, soupira-t-elle.

Charline entraîna Martin vers son bureau sous les regards curieux de ses employés.

— Le spectacle est terminé, retournez bosser ! lança-t-elle à la cantonade.

Et tout le monde se dispersa, leur laissant un peu d'intimité. Enfin…

— Tu aurais pu prévenir que tu passais, grinça Charline, contrariée.

Martin ne répondit pas, se contentant de la regarder appeler le service informatique pour lui demander un rapport des fichiers supprimés définitivement. Elle ne savait pas trop si ça conviendrait à Martin, mais c'était tout ce qu'elle avait.

— La preuve arrivera dans une bonne heure. Tu peux rester si tu veux, mais je dois terminer de peindre la chose que tu as failli détruire tout à l'heure.

— Dans ce cas, je te suis, répliqua Martin qui n'avait pas l'intention de quitter Charline avant d'avoir la preuve qu'il avait demandée.

Pendant les deux heures qui suivirent, Charline travailla avec concentration et calme, en véritable harmonie avec les trois autres membres de son équipe, ce qui fascina littéralement Martin. La cousine de Jessica était tellement extravagante et pleine d'énergie qu'il n'aurait jamais pensé la voir si calme un jour.

Plus les minutes passaient, plus le costume prenait forme. C'en était déstabilisant. Martin était tellement absorbé par le savoir-faire de Charline, qu'il sursauta lorsque quelqu'un toqua à la porte, puis entra brusquement.

— J'ai ton rapport de suppression, Boss ! s'exclama Patrice, un jeune homme athlétique avec des cheveux châtain clair.

— Donne-le à Martin, ordonna Charline d'une voix un peu absente, tellement elle était concentrée.

— C'est moi, intervint l'intéressé.

Il feuilleta le rapport avec une certaine frénésie, puis s'arrêta sur une page pour la lire avec attention. Une vidéo nommée "vengeance de Jessica" avait été supprimée le jour où sa relation avec Jessica avait atteint les six mois. Elle n'avait donc pas menti…

— Satisfait ? demanda Charline au bout d'un moment.

Martin releva la tête pour croiser son regard, sans tenir compte des autres personnes dans la pièce.

— Oui, merci…

Il se sentait un peu gêné tout à coup. Pourtant, il ne dit rien de plus et quitta le studio de Charline.


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